Julie, en direct de Tokyo, pour vous faire le topo de notre fin de semaine à Kyoto. Ca n'a pas loupé, nous avons passé plus de temps à chercher l'hôtel qu'à visiter le premier jour. D'abord, le plan n'indiquait pas le bon bus pour aller à l'arrêt indiqué. Ensuite, il y avait une faute d'orthographe audit arrêt, il nous a fallu plus de vingt minutes pour sortir de la gare, et presque autant pour trouver le bus adéquate. Il faut aussi savoir que la veille, nous avions internet, en bonnes geekettes, nous avons essayé de trouver sur google map notre guest house... C'est donc assez contentes que nous partons vers la direction que nous avait indiqué le site... en voyant un domino's pizza, nous pleurons presque de joie, nous promettant d'y faire un saut, histoire de voir s'ils ont des souvenirs -hum hum-. J'approche un autochtone, histoire de voir si nous allons dans la même direction. Chose que j'adore à Kyoto: les maisons sont magnifiques, en bois, belle devanture, sombres et fraiches... mais toutes identiques, et ça n'aidait pas pour nous retrouver. L'homme me fait un plan, qui me dit, en gros que nous sommes à l'opposé. Merci google map. Demi tour droite, Mine et moi commençons à grogner sévère. Elle veut absolument prendre un taxi parce qu'on a trop d'affaires, et j'affirme que payer 10€ un taxi pour faire dix mètres me ferait chier... Après avoir tourné un peu en carré - soyons franches, nous sommes passées deux fois devant notre hôtel sans le voir - j'ai finis par partir avec le plan en mains, et ai laissé marine à l'ombre avec les bagages. Heureusement, deux charmants jeunes salary man m'ont expliqué, et sont même venus avec moi jusqu'à l'hôtel...
Après l'effort, le réconfort. Ou pas. Et là, très franchement...pas. Je m'attendais presque au 'luxe' des deux autres. Propreté impeccable, hôtesse gentilles, fraicheur dans les pièces.... FAUX! D'abord, le type met deux plombes à nous accueillir. Genre, il regardait la télé quand même. Un type tout petit, black, qui visiblement est américain. Il parle dans un anglais si rapide que j'ai à peine compris le début qu'il enchaîne sur un nouveau paragraphe. Bref, je lui explique que j'ai téléphoné pour une nuit de plus blabla. Il lui faut encore dix minutes pour calculer combien nous lui devons (150€ à deux, pour trois nuits) - genre, il n'aurait pas pu préparer la facture avant... mais soit. Nous payons (en cash, il a besoin de liquide) - et mon c*l, c'est du poulet... Il nous montre la salle de bain de loin, la cuisine de loin, les wc de loin, et nous demande de nous asseoir pendant qu'il prépare les chambres.
* Est ce que j'aurai du aller voir les wc et la ''salle de bain'' avant? Très probablement. Je me serai cassée en courant.
* Est ce que c'est normal d'avoir à ''préparer" une chambre quand elle est réservée depuis deux mois et qu'il n'y a personne dans la guest house? Non, surement pas. (Après coup, nous avons eu le temps de visiter un peu, visiblement, il laisse les draps sales dans la chambre jusqu'à ce que quelqu'un d'autre la réserve).
J'avoue, je ne suis pas un modèle d'ultra propreté, la poussière dans ma chambre fait un peu partie de la déco. Mais j'estime, surtout quand je paye (et peu importe le montant) avoir le droit à un minimum de propreté. Je vais donc vous détaillé un peu la raison de ma colère.
Les Cafards. Les Araignées. Les Moustiques. La poussière. Les sols défoncés. Le plastique sur le sol pour ne pas avoir à passer l'aspirateur. La vaisselle SALE dans les armoires. Les Poubelles pleines à RAS BORD. Les WC dégueulasses qui sentent la pisse, et visiblement dont personne n'a tiré la chasse depuis une ou deux lunes. Le frigo de 4cm sur 6cm. Aucune serrure, ni à la porte principale, ni aux chambres...Et le must du must: les planches de la douche pourries, les insectes écrasés sur les mures, la pomme de douche fixée au mur avec du scotch, des escargots qui s'y promènent, et la moisissures... Je n'osais même pas me déshabiller. J'ai pris les trois plus courtes douches de ma vie là bas.
Pour notre chambre, mis à part l'odeur de pieds, et la clim qui envoyait l'air frais contre le mur d'en face alors que nous étions sur les côtés... rien à signaler. (Le site de réservation nous a envoyé une sorte de questionnaire de contentement à remplir, je peux vous assurer que je lui ai fais de la pub!)
Mis à part ça, j'adore Kyoto. Le premier soir (je dis soir, parce que totalement épuisées d'avoir marché des heures au soleil, nous avons commencé par faire une sieste), nous sommes allées dans le quartier de Gion (que j'ai la fâcheuse tendance à prononcer guy-on, ce que les japonais ne comprennent pas puisque c'est ji-on). J'ai trouvé superbe la traversé des ponts au dessus de la rivière, des petites échoppes sur pilotis, du cour d'eau qui traverse le quartier, des meiko qui se promènent sur leurs talons en bois... Un autre univers à l'intérieur de la ville. Après quoi, sous les arcades, nous faisons les boutiques (il est 22h passées, mais ça ne semble pas choquer les commerçants qui continuent de vendre avec le sourire). Vraiment, j'ai un coup de cœur pour l'endroit. Nous rentrons avec un des derniers bus, peu avant minuit. La ville est cadriée par un réseau de bus assez conséquent, étant donné qu'il n'y a que deux petites lignes de métro. Il parait que Kyoto est une ville toute petite, cernée par les montagnes, 8km sur 6km. Il faut savoir que mis à part son côté traditionnel, ses geisha/ meiko, il n'y a que des temples à visiter.
Le lendemain, nous nous levons avant 9h, et filons vers Inari. Marine m'a affirmé que son voyage serait gâché si elle n'allait pas visiter ça. Je la suis, curieuse, et je comprends ce qu'elle veut dire... Des tori (si ma mémoire est bonne) partout. Ils 'agit de sorte de portail orange flashi, qu'offrent les gens au temple pour s'apporter la prospérité. Mine me dit que beaucoup viennent de yakuza! La classe. Le côté le moins kiffant est peut être la grimpette d'environ 29000 marches, dans la jungle, sous un soleil brulant puis sous la pluie typhoonesque. Le tout agrémenté de moustiques de la tailles de ma main qui m'ont mangé toute crue. Nous avons monté plus ou moins avec un couple de français et j'ai pu discuté avec une japonaise qui adorait la France. Marine a manqué de devoir me porter sur la fin, mes jambes tremblaient comme un adepte du jerk. Nous farfouillons dans les boutiques de souvenirs, moi, les jambes piquées par 34 boutons rouges et gonflés, marine, essoufflée. Elle n'a pas trouvé son masque de kitsune... mais en acheté un petit par défaut. Moi, je prends un masque pour faire un voeu, on ne sait jamais... Nous passons par la pharmacie, moi pour les moustiques, marine pour ses pauvres pieds, et rentrons. Nous mangeons à la gare, des brochettes de légumes pour moi (les salauds ont tenté de me tuer avec de la sèche et de la crevette!) et un ramen pour marine. Nous reprenons le bus, pour aller voir le Gikakuji, mais visiblement, il est fermé, il est déjà dix sept heure passé... Ce soir, nous avons avalé pizza : pépéroni fromage oignon (retiré un à un de la pizza, si ça, c'est pas un exploit) et marine à la viande. Un bon gros dodo nous attend... ou pas. La chaleur dans la chambre est insupportable, nous tournons et retournons dans les lits, mais il est certain que sur trois nuits, nous n'en avons même pas une seule complète.
Le lendemain, nous avons pu faire plus de choses, le Gikakuji, puis le nijo castle et une nouvelle fois, Gion et le temple dont je ne sais plus le nom. Le premier temple était très joli, bien que la visite soit un peu chère (5€/ personne), uniquement pour visiter le jardin, le temple étant interdit. Cependant, j'ai pris quelques photos zen que quelqu'un adorerait afficher sur les murs de la résidence d'Oc, mais je ne cite personne. :)
Mine reste au frais, en bas, pendant que je grimpe, elle l'a déjà visité avec marjolaine, et elle ne le trouve pas assez intéressant pour crapahuter. Nous reprenons le bus, et je me plante, sinon, ce ne serait pas drôle. Au final, nous parvenons au château. Je change d'avis sur le Japon, la plus belle chose que j'ai vu jusque là, c'est CA. Il est grand, majestueux, de plein pied, et on peut visiter l'intérieur (sans chaussures, aussi, je pars devant marine). Hélas, vous ne pourrez pas avoir de photos ni de vidéo, c'est totalement interdit à l'intérieur. La promenade se fait sur une musique veloutée de Shamisen (que je supporte étrangement, alors qu'en général ça me hérisse le poil). Les jardins sont tout aussi beaux, c'est un délice de s'y promener. Finalement, nous repartons vers Gion, et visitons un troisième temple. Nous mangeons une crêpe près d'un homme qui maîtrise le pigeon, ils viennent carrément se poser sur ses mains et se laissent câliner. Les oies restent sans peur près des humains, les tortues se montent dessus pour réclamer à manger et les yakuzas attendent leurs supérieurs près des voitures... il fait bon vivre. Après avoir un peu marché, nous nous asseyons sur les berges pendant près de trois heures, profitant de nos mp3, de l'eau qui clapote, des hérons qui patapon, et des enfants qui jouent dans l'eau. Avant de partir, j'ai fais de même, Julu, attraction touristique à Nipponais... tout le monde me regarde glisser sur les algues. Lorsque la nuit tombe, nous marchons pour écouter les groupes d'amateurs qui chantent pour les passant, retrouvons le petit cour d'eau du quartier traditionnel, puis les arcades. J'ai d'ailleurs manqué de me faire tuer par une anti-gaijin (anti-étrangers) qui m'a lancé un regard noir... marine l'a renvoyé droit dans ses buts, mais bon... Nous sommes rentrées, prêtes à quitter Kyoto le lendemain.
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